Pour un fonds européen de la traduction
A ce jour, la traduction en Europe repose essentiellement sur une logique linguistique nationale d’exportation ou d’importation. Aucune aide, aucun fonds européen ne pensent la traduction sur le mode de l’aiguillage, du croisement au sein d’une culture européenne et méditerranéenne commune. C’est pourtant bien cette logique que la Société européenne des Auteurs veut aujourd’hui promouvoir.
La Société européenne des auteurs propose, dès aujourd’hui, la constitution d’un fonds européen pour la traduction. Le fonds, une fois constitué, délèguera à la Société européenne des auteurs (ou à un comité de lecture indépendant et renouvelable auquel elle ferait des propositions) le soin d’établir une liste d’oeuvres à traduire : choix de l’oeuvre, choix de la langue de destination, choix du traducteur. Concrètement, avec 100 000 € par an, à raison d’une moyenne de 20 € par page traduite, la SEA pourrait organiser et financer la traduction de plus de 30 000 pages par an, soit, entre 15 et 20 livres de 300 à 500 pages. (Cela représenterait des centaines de textes et d’oeuvres traduits pour les années à venir). La SeA, s'appuyant sur le réseau des "parrains", "passeurs", et "correspondants", proposera chaque année une liste d'œuvres à traduire pouvant bénéficier de son aide, non plus sur la base de la défense d’une langue nationale, mais dans une logique multilingue, croisée, postnationale. La SeA considère que tous ceux (institutions publiques ou mécénats privés) qui contribueront à ce fonds européen pour la traduction ne donneront pas seulement à la cause éminente du livre et de la traduction, mais aideront à l’émergence d’une Europe des œuvres et des idées.


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